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Pouvoirs de police du maire : ce qu'il peut interdire, et sur quel fondement

Bruit, chiens, feux, baignade, débits de boissons, immeubles menaçant ruine : la police municipale couvre presque tout le quotidien d'une commune. Encore faut-il savoir où elle s'arrête.

Mis à jour le 4 août 2026 · Synthèse rédigée par l'équipe AideMairie · Ce guide est un document de travail, il ne remplace ni une consultation juridique ni le contrôle de légalité.

Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du préfet, de la police municipale (L.2212-1 du CGCT). Son objet est défini très largement : assurer « le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques » (L.2212-2). C'est ce texte qui fonde la majorité des arrêtés d'une commune.

Le champ de la police générale

L'article L.2212-2 du CGCT énumère, sans être limitatif :

Les polices spéciales : le maire agit alors sur un autre fondement

À côté de la police générale, des textes particuliers confient au maire des pouvoirs précis, chacun avec sa procédure propre. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente : un arrêté de sécurité d'un immeuble pris sur le fondement de la police générale, alors que la procédure de mise en sécurité du code de la construction s'imposait, est irrégulier.

SituationPolice mobilisée
Immeuble menaçant ruine, habitat indigneMise en sécurité, code de la construction et de l'habitation
Circulation et stationnement en agglomérationCode de la route, L.2213-1 et suivants du CGCT
Baignades et activités nautiques (jusqu'à 300 m du rivage)L.2213-23 du CGCT
Débits de boissons, fermeture des établissementsCode de la santé publique
Bruit de voisinageCode de la santé publique, R.1336-4 et suivants
Publicité, enseignesCode de l'environnement
Déchets abandonnésCode de l'environnement, L.541-3

Où s'arrête le pouvoir du maire

Trois limites, systématiquement invoquées devant le juge :

Question à se poser avant de signer : « si je devais expliquer au juge pourquoi une mesure

plus légère n'aurait pas suffi, qu'est-ce que je répondrais ? » S'il n'y a pas de réponse,

l'arrêté est trop large.

L'obligation d'agir

Le pouvoir de police n'est pas seulement une faculté. Face à un danger grave et connu, l'abstention du maire engage la responsabilité de la commune. Un maire informé d'un mur menaçant de s'effondrer sur la voie publique, d'une baignade dangereuse non signalée ou d'un logement insalubre occupé ne peut pas rester sans réagir : la carence dans l'exercice des pouvoirs de police est une faute.

Le péril imminent

En cas de danger grave et immédiat, le maire prend les mesures nécessaires sans attendre la procédure contradictoire complète : évacuation, interdiction d'accès, travaux d'urgence. Il doit cependant, dans le même mouvement, engager la procédure de droit commun et rendre compte. Un arrêté d'urgence qui n'est jamais consolidé ensuite devient à son tour attaquable.

Faire respecter l'arrêté

Un arrêté qui n'est pas assorti d'une suite est un arrêté qui ne sert à rien :

Le maire peut-il interdire un rassemblement sur la voie publique ?

Seulement s'il justifie d'un risque de trouble à l'ordre public que des mesures moins restrictives ne permettraient pas de prévenir. Une interdiction préventive et générale est illégale ; un encadrement (périmètre, horaires, dispositif de sécurité) l'est rarement.

Un arrêté anti-bruit permanent est-il possible ?

Un arrêté peut fixer des plages horaires permanentes pour les travaux bruyants ou les engins de jardinage : la mesure est alors précise et proportionnée. En revanche « le bruit est interdit sur le territoire de la commune » ne veut rien dire juridiquement.

Que faire quand le trouble vient d'un particulier qui ne bouge pas ?

Mise en demeure écrite, avec délai et fondement précis, puis constat du non-respect, puis selon le cas verbalisation, exécution d'office si un texte l'autorise, ou saisine du juge. C'est cette traçabilité, et non la sévérité, qui fait tenir le dossier.

La police municipale du maire couvre-t-elle les chemins ruraux ?

Oui pour la conservation et la circulation sur les chemins ruraux, qui appartiennent au domaine privé de la commune : le maire y exerce ses pouvoirs de police de la circulation et de conservation.

Les textes de référence

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