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Permis de construire en mairie : instruction, délais, refus et recours

Le délai d'instruction n'est pas un objectif, c'est une échéance : passé le terme, l'autorisation est acquise tacitement. Savoir quand il court, et quand il s'arrête, est tout le métier.

Mis à jour le 4 août 2026 · Synthèse rédigée par l'équipe AideMairie · Ce guide est un document de travail, il ne remplace ni une consultation juridique ni le contrôle de légalité.

Dans une commune dotée d'un PLU ou d'une carte communale, les autorisations d'urbanisme sont délivrées au nom de la commune, par le maire. L'instruction technique est souvent confiée à un service mutualisé (intercommunalité, DDT par convention), mais la décision et la responsabilité restent communales.

Les délais d'instruction de droit commun

Le délai court à compter de la réception d'un dossier complet en mairie.

AutorisationDélai de base
Déclaration préalable1 mois
Permis de construire portant sur une maison individuelle et ses annexes2 mois
Autre permis de construire3 mois
Permis d'aménager3 mois
Permis de démolir2 mois

Ces délais sont majorés dans une série de cas précis : consultation de l'architecte des Bâtiments de France (site patrimonial remarquable, abords d'un monument historique), établissement recevant du public, projet soumis à une autorisation au titre d'une autre législation, avis d'une commission. La majoration doit être notifiée au demandeur dans le mois qui suit le dépôt : à défaut, elle ne lui est pas opposable et le délai de base s'applique.

C'est la faute la plus coûteuse en urbanisme : oublier de notifier la majoration ou la

demande de pièces dans le premier mois. Le délai de base court alors jusqu'à son terme, et

l'autorisation naît toute seule.

La demande de pièces manquantes

Si le dossier est incomplet, la mairie dispose d'un mois à compter du dépôt pour réclamer les pièces manquantes. Cette demande suspend le délai : il repart pour sa durée totale à compter de la réception des pièces. Le demandeur dispose de trois mois pour les fournir ; passé ce délai, la demande fait l'objet d'une décision tacite de rejet.

Deux règles à ne jamais franchir :

Le permis tacite

À l'expiration du délai d'instruction, le silence de l'administration vaut permis tacite. Le pétitionnaire peut demander un certificat attestant cette décision. Un permis tacite est un véritable permis : il crée des droits.

La commune ne peut le retirer que s'il est illégal, et seulement dans les trois mois qui suivent sa naissance. Passé ce délai, elle ne peut plus revenir dessus, même si le projet méconnaissait le PLU. D'où l'importance du suivi des échéances : un tableau de bord des dates limites vaut mieux qu'une pile de dossiers.

Motiver un refus

Un refus doit être écrit et motivé en droit et en fait : il indique la règle méconnue (article précis du PLU, du règlement national d'urbanisme, servitude) et en quoi le projet la méconnaît. Une motivation générique — « le projet porte atteinte au caractère du site » sans plus — est le premier motif d'annulation.

Le refus mentionne les voies et délais de recours : recours gracieux auprès du maire, puis recours contentieux devant le tribunal administratif dans les deux mois.

L'affichage et le recours des tiers

En pratique, faire constater l'affichage par huissier au premier jour est le meilleur service qu'un maire puisse rendre à un pétitionnaire : sans preuve de la date, le délai de recours ne commence jamais vraiment à courir.

Après le permis : la conformité

À l'achèvement des travaux, le bénéficiaire dépose une déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux (DAACT). La commune dispose alors de trois mois pour contester la conformité (cinq mois dans certains cas : secteur protégé, établissement recevant du public, installation classée). Passé ce délai, elle ne peut plus la remettre en cause.

Les erreurs qui reviennent

Le maire peut-il refuser un permis conforme au PLU ?

Très rarement. Il peut opposer le règlement national d'urbanisme dans les cas où il reste applicable (sécurité, salubrité, atteinte au caractère des lieux, desserte insuffisante par les réseaux), mais il doit alors caractériser précisément le motif. Un refus d'opportunité est illégal.

Que se passe-t-il si la commune a oublié de répondre ?

Le permis est acquis tacitement. La seule voie ouverte est le retrait pour illégalité dans les trois mois, après procédure contradictoire. Au-delà, seule une action devant le juge, à l'initiative d'un tiers, reste possible.

Un permis peut-il être délivré sur un terrain non desservi ?

Le raccordement aux réseaux et l'accès par une voie suffisante sont des conditions de fond. Une desserte insuffisante peut fonder un refus, ou une autorisation assortie de prescriptions.

Qui paie en cas d'annulation d'un permis délivré à tort ?

La commune, dont la responsabilité peut être engagée pour faute, au titre du préjudice subi par le pétitionnaire qui a construit de bonne foi. C'est ce qui rend l'instruction et sa traçabilité si importantes.

Les textes de référence

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