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Rédiger un arrêté municipal : structure, mentions obligatoires et entrée en vigueur

Un arrêté mal fondé ou mal publié ne produit aucun effet — et se retourne contre la commune le jour où il faut le faire respecter. Voici l'anatomie d'un arrêté qui tient.

Mis à jour le 4 août 2026 · Synthèse rédigée par l'équipe AideMairie · Ce guide est un document de travail, il ne remplace ni une consultation juridique ni le contrôle de légalité.

L'arrêté est l'acte de tous les jours du maire : circulation, stationnement, ouverture au public, salubrité, travaux, débits de boissons temporaires. C'est aussi l'acte le plus souvent attaqué, parce que sa fragilité est presque toujours la même : il interdit sans dire au nom de quoi, ou il n'a jamais été rendu public.

Ce qui rend un arrêté valable

Trois conditions cumulatives, dans cet ordre :

La proportionnalité n'est pas une formule de style : c'est le terrain sur lequel se

perdent la majorité des arrêtés annulés en référé.

L'anatomie d'un arrêté

1. L'en-tête

République française, département, nom de la commune, numéro de l'arrêté (une numérotation continue par année évite les doublons), objet en une ligne.

2. Les visas — « Vu… »

Les textes qui fondent la compétence, du plus général au plus particulier. Pour un arrêté de police classique :

Un visa faux ou inexistant fragilise tout l'édifice : c'est la première chose que vérifie le service du contrôle de légalité.

3. Les considérants — « Considérant que… »

C'est le cœur, et c'est la partie que la plupart des arrêtés bâclent. Chaque considérant énonce un fait, pas une opinion : « Considérant que trois accidents matériels ont été constatés à l'intersection de la rue des Écoles et de la route départementale 14 au cours des douze derniers mois » vaut infiniment mieux que « Considérant les problèmes de sécurité ».

Le dernier considérant fait le lien entre les faits et la mesure : « Considérant qu'il appartient au maire de prévenir, par des précautions convenables, les accidents… ».

4. Le dispositif — « ARRÊTE »

Des articles numérotés, courts, à l'indicatif présent. Le premier pose la mesure, les suivants en fixent les limites (périmètre, horaires, durée, dérogations), puis viennent classiquement :

5. La date, la signature et les voies de recours

L'arrêté est daté et signé par le maire — ou par un adjoint titulaire d'une délégation de signature régulièrement publiée, ce qui est un autre point de fragilité classique.

Mentionner les voies et délais de recours (recours gracieux, puis recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois) n'est pas obligatoire pour la validité de l'acte, mais l'absence de cette mention empêche le délai de recours de courir face à un destinataire individuel. L'écrire protège donc la commune.

Publier : sans quoi l'arrêté n'existe pas

Un arrêté réglementaire ne devient exécutoire qu'après publicité et, pour les actes qui y sont soumis, transmission au représentant de l'État (L.2131-1 du CGCT). Depuis le 1er juillet 2022, la publicité des actes des communes se fait par publication sous forme électronique sur le site de la commune, l'affichage et le registre papier restant possibles pour les communes de moins de 3 500 habitants qui ont délibéré en ce sens.

Concrètement, pour une petite commune :

ÉtapeCe qu'il faut pouvoir prouver
SignatureDate certaine, signataire compétent (maire ou délégation publiée)
Transmission au préfetAccusé de réception ou horodatage de la télétransmission
PublicitéCapture datée de la publication en ligne, ou certificat d'affichage
NotificationAccusé de réception si l'acte vise une personne déterminée

Sans ces preuves, la commune ne peut ni sanctionner, ni opposer l'arrêté à qui le conteste.

Les quatre erreurs qui reviennent le plus souvent

Combien de temps l'arrêté peut-il être attaqué ?

Le préfet dispose de deux mois à compter de la réception de l'acte pour le déférer au tribunal administratif (L.2131-6 du CGCT). Un tiers intéressé dispose du même délai de deux mois à compter de la publication ou de la notification, et peut y ajouter un référé-suspension s'il invoque l'urgence.

Un arrêté peut-il être pris oralement ou par courriel ?

Non. L'arrêté est un acte écrit, daté et signé. Un courriel ou un message peut annoncer la mesure, il ne la fonde pas : c'est l'arrêté publié qui est opposable.

Faut-il une délibération du conseil municipal avant un arrêté ?

En principe non : le pouvoir de police du maire est un pouvoir propre, qu'il exerce sans délibération préalable. Une délibération est en revanche nécessaire quand la mesure engage une compétence du conseil (tarifs, budget, création d'un service, cession).

Que faire si le préfet demande le retrait d'un arrêté ?

Le contrôle de légalité adresse d'abord une lettre d'observations. Il est presque toujours préférable de reprendre l'acte sur le point contesté (motivation, périmètre, durée) plutôt que d'attendre le déféré : un arrêté corrigé produit ses effets, un arrêté annulé disparaît rétroactivement.

Un arrêté peut-il être modifié après signature ?

Il ne se corrige pas à la main : on prend un arrêté modificatif, ou un arrêté d'abrogation suivi d'un nouvel arrêté. Toute rature sur l'original ouvre une contestation facile.

Les textes de référence

Poser la question à AideMairie plutôt que de la chercher

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